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Les neurosciences pour expliquer la viralité des fake news

Comment expliquer notre préférence pour les fausses nouvelles ? Cf la tribune de Marie Muzard pour le Cercle Les Echos

Selon une étude récente du MIT sur Twitter, les "fake news" sont partagées 70 % de fois plus souvent que les vraies informations. Des biais cognitifs pourraient expliquer notre inclinaison pour les fausses nouvelles
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En tant que primates, nous partageons avec nos cousins singes un appétit pour toute information annonciatrice d’une menace pour nous, ou notre "tribu" (entreprise, nation...). cf. article les Échos . Une majorité de fake news surfe précisément sur nos peurs. En affirmant que nous sommes gouvernés par des reptiliens, en révélant des faiblesses sur nos dirigeants (chefs de tribu) ou en annonçant de nouvelles maladies... les auteurs de fake news espèrent capter l’attention de l’opinion comme le suricate, en sentinelle, attire tous les regards de sa troupe quand il aboie à la vue d’un prédateur. C’est pourquoi les fake news qui suscitent de la peur ont un potentiel viral plus élevé.

Le cerveau cognitif "inhibé"

Dans le monde animal, la rapidité de transmission d’une alerte au reste de la troupe est vitale. Nous aussi voulons être les premiers à relayer l’information, dans l’espoir de protéger nos proches, mais aussi de gagner en reconnaissance sociale. Le lanceur d’alerte bénéficie en effet d’un statut enviable dans les sociétés animales organisées. Dans notre empressement, nous ne prenons pas le temps de vérifier l’information.

La nouvelle de requins volant dans le ciel antillais après le passage de l’ouragan Irma aurait dû faire sourire, pourtant elle a été relayée sur la toile par de nombreux internautes qui visiblement y ont cru. Dans un contexte de peur, au lieu de solliciter notre esprit critique, nous cédons aux sirènes du "cerveau reptilien" ou cerveau émotionnel qui est plus facile à abuser.

Négligence de la probabilité

Ainsi alors que la probabilité que des requins volent dans le ciel est proche de zéro, nous sommes nombreux à croire à cette "histoire". Le cerveau humain a tendance à négliger les statistiques et les probabilités. Comme l’indique le lauréat du Prix Nobel d’économie Daniel Kahneman(1), "... si l’on sait que le risque est faible, cette connaissance ne suffit toutefois pas à éliminer un sentiment d’inconfort et donc le désir de l’éviter."

Cf totalité de l’article des Echos

15 mars - par MMC

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